BURN-OUT – Quand les cadres et chefs d’entreprise craquent… Gros plan sur ce malaise.

Rythme effréné, surcharge de travail, stress technologique, problèmes relationnels, pression hiérarchique, … Homme ou femme, salarié ou chef d’entreprise, baby-boomer ou génération Y, le burn-out n’épargne personne. En France, il est difficile encore de faire reconnaître ce syndrome d’épuisement professionnel comme maladie professionnelle. Pourtant, près de 12% des salariés présentent aujourd’hui un « risque élevé » de burn-out, selon une étude publiée par le cabinet Technologia. Parmi les plus touchés : les cadres et les chefs d’entreprise.

Alors comment repérer les premiers symptômes du burn-out ? Mais surtout comment réagir ? Gros plan sur un mal-être de plus en plus présent au sein des entreprises.

Des conditions de travail inadaptées au sein des entreprises ont souvent de lourdes conséquences sur la santé des salariés, pouvant les conduire parfois jusqu’au « burn-out », aussi baptisé « syndrome d’épuisement professionnel ».

Et le constat est aujourd’hui accablant. D’après une étude réalisée en 2014, par le cabinet d’évaluation et de prévention des risques professionnels, Technologia, 12,6% soit 3,2 millions d’actifs en France sont en « risque élevé » de burn-out. Et parmi eux, les cadres et les chefs d’entreprise sont en première ligne. Car selon cette même étude, près d’un cadre sur cinq est en souffrance sur son lieu de travail. Ce qui représente près de 860.000 personnes.

Au rang des accusés : portable, tablette, emails, réseaux sociaux, … La digitalisation des entreprises a certes des effets positifs sur la productivité, la compétitivité et le bien-être lorsqu’elle est bien utilisée, elle est cependant, une des principales responsables du burn-out, lorsqu’elle est mal utilisée.

Moi-même,  j’adore l’univers du digital, ses outils ! Je suis moi-même accro. Mais, ne serait-il pas le moment d’éduquer les personnes aux bonnes pratiques, afin de ne plus les subir et d’en tirer tout leur potentiel. Je me rappelle d’une de mes clientes dépassée par ses 300 emails par jour, à la limite du burn-out, me disant : J’ai l’impression d’être une boîte emails !

Il est aujourd’hui impossible de séparer hermétiquement l’univers professionnel et la sphère privée. Le temps où l’on fermait la porte de son bureau pour rentrer chez soi est maintenant révolu. La sollicitation des cadres et des chefs d’entreprise est permanente. Nous entrons dans une ère où nous allons devoir apprendre à manager nos outils, la technologie.

 

Qu’est-ce que le burn-out ?

Même si depuis le 17 août 2015, la loi dite « Rebsamen » (loi n°2015-994) relative au dialogue social au sein des entreprises ouvre la voie à une meilleure reconnaissance du burn-out comme maladie d’origine professionnelle. Et bien que les connaissances scientifiques sur ce trouble psychique sont à présent établies, l’idée même que le travail peut être pathogène pour la santé des salariés pose encore problème.

A cela s’ajoute le problème de la définition même du burn-out. Elle ne fait toujours pas consensus dans le milieu médical. En aucun cas, il ne s’agit d’une simple dépression. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, OMS, le burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel se caractérise par « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ». Concrètement, une personne atteinte de burn-out se repère ainsi : elle est activement investie dans son travail, en état de stress chronique et surtout ne sachant pas se « déconnecter ».

Témoignage :

« Je rencontre toutes les semaines des chefs d’entreprise et des cadres dans des situations professionnelles complexes et douloureusesà la limite du burn-out voire en burn-out, partagent les coachs chez Birds Conseil. Ils sont aujourd’hui démotivés alors que quelques mois ou années auparavant, ils étaient au devant de la scène pour leur performance. Leurs troubles : perte du sommeil, de confiance en soi, diminution de leur capacité intellectuelle. En somme, ils ne se sentent plus à leur place.  »

 

Attaque, fuite ou paralysie : à chacun sa réponse face au burn-out

Face au burn-out, aucun chef d’entreprise ou cadre ne réagit de manière identique. Pour y répondre, il faut donc avant tout savoir identifier les symptômes, les réactions psychiques et physiques des personnes.

Face à un stress intense, l’homme a trois types de réactions à sa portée : l’attaque, la fuite ou la paralysie. Cette théorie a été décrite pour la première fois par le psychologue américain Walter Bradford Cannon sous l’appellation « fight, flight and freeze » et reprise en France par le biologiste Henri Laborit en 1976.

D’après Laborit, « confronté à une épreuve, l’homme ne dispose que de trois choix : combattre, fuir ou ne rien faire ». Ces réactions animales sont essentielles à la survie. Depuis 65 millions d’années, ces alarmes dites instinctives ont permis à nos ancêtres de réagir face aux dangers présents dans leur environnement et ainsi permettre leur survie dans les milieux hostiles à l’homme.

L’attaque (« fight ») résulte d’un sentiment d’agression lors d’échange professionnel. Il s’agit de la réaction la plus courante. Toutefois, cette posture est difficilement gérable sur le long terme car elle ne donne lieu qu’à une escalade émotionnelle et expose l’individu à un manque de contrôle de soi. Quant à la fuite (« flight »), elle est motivée par un sentiment de crainte, de confusion, voire parfois de rage. Lors d’une attaque, elle est rarement la posture initiale. Elle survient après avoir utilisé, sans succès, d’autres stratégies. Enfin, la paralysie (« freeze ») est une réaction courante en cas d’attaque en présence de sa hiérarchie. Elle peut être une posture délibérée de la part du cadre afin d’être perçu comme patient et tolérant. A l’inverse, elle peut être aussi inconsciente lorsque cette personne ne sait comment réagir à la situation. Dans ces deux cas, la paralysie peut provoquer une agressivité passive de façon chronique qui se traduira au final par « une explosion volcanique » – une réaction perçue par l’entourage comme irrationnelle, exagérée voir inappropriée.

Si vous êtes dans ces états réactionnels, c’est simplement normal. C’est votre cerveau et votre corps qui réagissent ! Suivant l’évolution des difficultés traversées, vous passerez d’une posture à une autre.

 

Les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour surpasser le burn-out

Première résolution : accepter. Ne pas oublier que le burn-out n’est pas une maladie irréversible mais n’est qu’un état passager. Pour autant, il ne faut pas négliger son importance. Pour les coachs Birds Conseil, « il ne faut pas se battre contre lui, il faut s’écouter tout simplement car votre corps vous parle et a priori, c’est votre meilleur allié ». Il faut donc accepter ce moment de faiblesse. Cette prise de conscience vous sera utile et vous rendra plus fort.

Premier conseil : prendre soin de soi. « Votre corps, vous dit qu’il n’a plus d’énergie : alors ressourcez-vous. Reposez-vous, dormez, mangez et déconnectez-vous ». Un credo conseillé par la plupart des coachs professionnels.

Cependant, il est parfois difficile de prendre conscience seul de son burn-out ainsi que de réajuster son comportement professionnel. Au-delà du soutien familial ou amical, il est aujourd’hui vivement conseillé de faire appel au triangle médecin, psychothérapeute et coach professionnel, pour réussir à reprendre la main sur votre vie et activité professionnelle. Il serait complètement insensé de vouloir poursuivre  la même vie, sans rien changer, comme si l’on revenait d’une simple grippe.

Avec l’aide d’un coach, vous vous poserez les bonnes questions afin d’identifier la ou les sources de votre burn-out, la ou les comprendre afin de vous recentrer sur vous et vos besoins. Grâce aux séances de travail, vous apprendrez à mieux vous connaître, mieux communiquer et surtout redevenir acteur de votre vie professionnelle en vous reconnectant à vos talents professionnels et votre employabilité !

 

Le burn-out n’est pas une fatalité. J’ai pu constater lors de mes accompagnements, qu’il peut être « un mal pour un bien puisqu’il fait émerger une capacité rarement sollicitée, la résilience ». Cet état passager peut donc devenir un tremplin pour reprendre en main votre situation professionnelle ou pourquoi pas dessiner celle dont vous rêvez.

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